Frédérique BREDIN, Présidente du CNC – 2013
L’Europe doit défendre la vitalité d’un art né sur son sol

Cette année a vu, sur le front européen, une victoire à laquelle les professionnels du cinéma ont pris une grande part, celle de la préservation de l’exception. En excluant les œuvres culturelles et audiovisuelles de la négociation des accords de libre-échange avec les États-Unis, la spécificité des biens culturels se voyait réaffirmée comme un principe fondateur. L’Europe plus que toute autre puissance doit défendre la vitalité d’un art né sur son sol. C’est dans son intérêt : comme la France, l’Europe, dispose grâce au cinéma, d’un formidable outil de rayonnement et de diffusion de ses valeurs.

S’il faut se réjouir de cette victoire, l’actualité de la « Communication cinéma » appelle notre vigilance. À nous de veiller à ce que, avec la Commission européenne, ce projet laisse aux États membres la liberté de définir les politiques culturelles qui favorisent un secteur créatif diversifié et inventif. Fort de ses convictions, le CNC continuera, avec ses homologues européens, à défendre fermement les intérêts du secteur cinématographique et audiovisuel.

Dans ce débat, la France joue un rôle moteur. La part du cinéma national s’y maintient à un niveau élevé, signe de sa vitalité. Cette réussite repose sur la diversité de l’offre de films, nourrie des soutiens qu’apporte le CNC à toutes les ambitions du cinéma. Elle permet à notre cinéma de s’exporter partout dans le monde. Nous pouvons être fiers de ces résultats.

Face aux défis auxquels notre modèle fait face aujourd’hui, ma détermination à préserver le terreau fertile qu’est la France pour le cinéma est totale. La pertinence et l’efficacité du modèle de financement du cinéma français ont récemment été réaffirmées à l’occasion des « Assises pour la diversité du cinéma français ». Un groupe de suivi, dont le rapporteur est René Bonnell, avance actuellement sur les préconisations qui nourriront le débat collectif sur le financement du cinéma et ses différents marchés.

Les Rencontres offrent une occasion unique et chaleureuse de débattre de ces grands défis : la préservation d’une offre cinématographique diversifiée qui soit compatible avec l’extension de la convention collective, les termes de la future Communication cinéma, l’évolution de nos ressources, la chronologie des médias, pour ne citer que les plus pressants.

Je remercie donc Michel Hazanavicius ainsi que les membres et les équipes de L’ARP de leur invitation et je souhaite que les Rencontres de Dijon offrent, cette année encore, un temps de réflexion et d’échanges animés par la passion du cinéma qui nous habite tous.