édito de Deniz Gamze Ergüven
Présidente des Rencontres
© Philippe Quaisse

Être à la hauteur de notre bel héritage

Nous sommes en France les héritiers d’une culture de cinéma unique, aussi vigoureuse que diverse, déterminée par la liberté et une curiosité intarissable. Au-delà du patrimoine cinématographique, c’est d’une très haute idée du cinéma dont nous sommes légataires, ainsi que d’un système pour en assurer l’existence et le développement.

J’ai été cinéphile, étudiante en cinéma, puis cinéaste. A chaque étape de mon parcours, j’ai eu une conscience aiguë de la singularité du maillage qui porte le cinéma français. Je ressens une obligation profonde au regard des efforts de nos prédécesseurs et de l’intelligence insufflée dans l’existence même d’institutions telles que nos Grandes Ecoles de Cinéma, le CNC, Unifrance. Ces institutions qui nous sont aussi familières que vitales, n’existent dans leurs modèles que en France.

Chaque corps de métier défend à sa manière la richesse de notre cinéma. Des salles parisiennes jusqu’aux territoires les plus isolés, les exploitants cultivent la curiosité du public et l’offre de films la plus diverse. A l’autre bout de l’édifice, les vendeurs internationaux portent notre travail aux quatre coins du monde. La mobilisation est collective. Et il existe en lame de fond, un réel esprit de concorde, au sein de l’ensemble de ces professions. Encore une fois, l’ensemble n’a rien de commun.

Nous avons aujourd’hui la responsabilité collective d’être à la hauteur de ce bel héritage. Ces 27ème Rencontres Cinématographies de Dijon vont être un lieu de réflexion et de débats essentiels au développement de notre modèle face aux mutations permanentes des technologies, des modes de diffusion et des modes de financements.

Je vous souhaite de très belles rencontres.